Compétition méditerrannéenne

MON CHER ENFANT (WELDI)

DE MOHAMED BEN ATTIA,
TUNISIE, 1H44

Riadh, qui s’apprête à prendre sa retraite de cariste au port de Tunis, forme avec Nazli un couple uni et (trop) aimant autour de leur fils unique Sami, qui s’apprête à passer le bac. Les migraines répétées de Sami inquiètent ses parents.

Mohammed Ben Attia arrive magnifiquement à capter par ses qualités de portraitiste et de photographe, un instant précis : un fragment du monde arabe en 2018. Partir en Syrie pour le fils est autant un moyen de fuir le diktat parental que de s’affirmer en tant que personne « adulte » : ce n’est donc pas une fatalité bien que la Tunisie soit le pays qui envoie le plus de jeunes hommes à l’Etat Islamique.. Dans le rôle du père l’acteur Mohamed Dhrif, dont la performance d’acteur est incroyable, « crève l’écran ».

YOMEDDINE

DE ABU BAKR SHAWKY
EGYPTE : 1H33

A la mort de son épouse, Beshay, un ancien lépreux, décide de partir en quête de ses origines et entame un parcours chaotique dans l’Egypte d’aujourd’hui. Accompagné par un gamin orphelin originaire de Nubie et baptisé Obama « comme le mec de la télé », explique-t-il, Beshay devra affronter le regard apeuré de ses contemporains et subir de multiples déconvenues dues à son apparence physique et à sa pauvreté.

Le cinéaste, parmi ses influences, cite le Charlie Chaplin du Kid pour le versant lumineux du film et le David Lynch de Elephant Man, pour son versant noir. Tourner un film à petit budget sur un lépreux et un orphelin, en Égypte, avec des acteurs amateurs ne sachant ni lire, ni écrire… Autant de défis patiemment relevés par A.B. Shawky pour Yomeddine, son tout premier film, qui tente l’exploit d’être tout à la fois un « road », un « buddy » et un « feel good movie ».

CARMEN ET LOLA

D’ARANTXA ECCHEVARRIA,
ESPAGNE, 1H40

Dans une communauté gitane de la banlieue de Madrid vit Carmen qui, comme toutes les femmes de sa communauté, est destinée à reproduire un schéma qui se répète de génération en génération : se marier et élever autant d’enfants que possible. Un jour elle rencontre Lola. Cette dernière, gitane également, rêve d’aller à l’université, fait des graffitis d’oiseaux et aime les filles. Avec Carmen et Lola, Arantxa Echevarría signe son premier long métrage avec essentiellement des actrices et des acteurs recrutés au sein de la communauté gitane madrilène. La thématique de Carmen et Lola est profondément intéressante par les sujets qu’elle embrasse : communautarisme, interrogation(s) des adolescent(e)s quant à leur(s) sexualité(s), patriarcat, etc… C’est dans cette critique et cette volonté émancipatrice que Carmen et Lola est une oeuvre pertinente, efficace et pleine d’espoirs.

EUFORIA

DE VALERIA GOLINO,
ITALIE, 1H53

C’est l’histoire de deux frères très éloignés l’un de l’autre qui vont soudain être obligés de se rapprocher de nouveau.
Matteo est un jeune entrepreneur talentueux et riche qui a autant de succès qu’il a peu de scrupules. Son frère Ettore n’a pas quitté la petite ville de province où ils sont nés et enseigne au collège.
L’intérêt du film est là, dans ce que la maladie apporte comme bouleversements dans la relation entre ces deux frères, interprétés magistralement par Riccardo Scamarcio (Matteo), à la fois « beau garçon » et remarquable comédien du cinéma d’auteur transalpin, et Valerio Mastrandrea (Ettore), acteur tout aussi juste, mais beaucoup moins connu hors d’Italie. La maladie, la confrontation à notre finitude, créent les conditions d’une vérité dure et amère.

AMANDA

DE MIKHAEL HERS,
FRANCE, 1H30

Paris, de nos jours. David, 23 ans, vit au présent. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l’heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa soeur aînée meurt dans un attentat. Il se retrouve alors en charge de sa nièce de sept ans, Amanda.
Comme l’explique Mikhaël Hers : « Loin de vouloir peindre le portrait d’une France cataclysmique, j’ai eu envie de travailler sur les relations humaines et le sensoriel, ouvrir le film sur cette béance de la vie si difficile à appréhender, mais dans une tonalité qui serait celle de la tendresse. Une tendresse d’autant plus précieuse qu’elle persisterait malgré la mélancolie et la violence du projet ».

THE REPORTS ON SARAH AND SALEEM

DE MUAYAD ALAYAN
PALESTINE, PAYS-BAS, ALLEMAGNE, MEXIQUE, 127 MIN

La liaison extraconjugale d’un Palestinien et d’une Israélienne à Jérusalem prend une dangereuse dimension politique lorsque ceux-ci sont repérés au mauvais endroit au mauvais moment, les mettant face à bien plus que leurs mariages ratés.
Muayad Alayan, réalisateur, producteur et directeur de la photographie vit à Jérusalem.
Son premier long-métrage Amours, larcins et autres complications, en avant-première à la Berlinale Panorama en 2015, a été distribué dans plus de 20 pays. The Reports on Sarah and Saleem, son second film, a reçu le Prix spécial du jury à l’International Film Festival de Rotterdam 2018, ainsi que le Prix du public
du Hubert Bals Fund.

ALICE T

DE RADU MUNTEAN

Alice est une adolescente qui entretient une relation compliquée avec sa mère adoptive Bogdana. Un jour, lors d’une discussion houleuse, Alice lui avoue qu’elle est enceinte et qu’elle souhaite garder l’enfant. Cet aveu affecte Bogdana qui a longtemps essayé d’avoir un enfant…
Radu Muntean est une des figures marquantes de la Nouvelle Vague roumaine. Le festival a déjà présenté Mardi avant Noël et l’étage du dessous. Alice T, primé à Locarnoest le 6ème film de l’auteur qui livre un portrait âpre et saisissant d’une adolescente qui rappelle la Suzanne « au coeur sec » de Maurice Pialat. André Rigaut signe une fois encore une impeccable bande-son.

Alice T in cafenea

Le jury

Thierry de Peretti (Président), Sou Abadi, Anne Gravoin, Evelyn Dress, Danielle Birgé, Guy Cimino et Damien Bonnard

PRIX DES VOYAGEURS AIR FRANCE

Arte Mare, festival des voyageurs et Air France vous proposent de voter pour votre coup de coeur de la compétition en cliquant sur le logo !

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