Les animations

L’exposition

Back to the Future… Avec La cité du Travail de Guillermo G. Peydró et Futur Antérieur de Serge Micheli, Arte Mare se retourne sur les vestiges et les vertiges de l’Art Totalitaire. Un futur que l’on voudrait croire définitivement conjugué au passé.

 

 

 » FUTUR ANTÉRIEUR  « … Vers une société idéale. | Présentation d’un art de la propagande en Russie soviétique.

 

L’univers post-moderne de l’auteur polymorphe Serge Micheli, interpelle et inquiète. Ancien diplômé de Met de Penninghen, dessinateur, illustrateur, auteur de bande dessinée depuis 20 ans, Serge Micheli entretient une très ancienne fascination avec la Russie, ce grand pays d’art et d’histoire. Ainsi, son premier album de bande dessinée,  » Un drame en Livonie  » adapté d’une nouvelle de Jules Verne et édité en l’an 2000, avait pour cadre la Russie des Tzars … Déjà, la Russie éternelle.

En 2013, l’institut français l’invite à Moscou et à Rostov sur le Don pour présenter au public russe cette adaptation de Jules Verne. Le choc est immense …  » Je pensais revenir avec des projets de bandes dessinées et je suis revenu avec des tableaux plein la tête. »

Mais quels tableaux ! Et quel sujet !… comment présenter l’inquiétant voyage auquel cet auteur nous convie ? Comment un artiste peut-il choisir un art totalitaire comme source d’inspiration ? Car c’est de cela dont il est question dans les peintures de Serge Micheli.

Il tourne autour des grandes statues de l’ère soviétique comme la caméra de Wim Wenders tourne autour des immeubles de Berlin. Il explore la façon dont ces statues étaient mises en scène dans l’espace public. Il se laisse fasciner par leur impact sur notre imaginaire ; il se laisse fasciner par l’histoire terrible qui les a fait naître et aussi, il faut bien le dire, par leur magistrale beauté.

« Alexander Kibalnikov, Véra Moukina et d’autres, étaient de grands sculpteurs, je suis heureux d’avoir pu les découvrir. » Ainsi, si l’on est capable de considérer qu’aucun artiste ne choisit de créer dans un état totalitaire, pourquoi ne serait-on pas capable de rendre hommage à ces artistes ?

Pour Serge Micheli, il semble aussi hors de question de mettre sur le même plan l’art soviétique et ceux de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste. D’abord, la révolution russe a favorisé l’éclosion des avant-gardes et ses artistes étaient bien plus inventifs.  Et surtout, au delà de l’inévitable culte de la personnalité, les valeurs portées par la propagande soviétique étaient tout autres. Proches des idéaux de la révolution française, nous pouvons tous en apprécier la portée humaniste et progressiste. Par exemple, une bonne part de cette propagande était consacrée au rôle de la femme dans la société ; on glorifiait l’ouvrière, la paysanne, la femme combattante. On y glorifiait aussi l’égalité entre les citoyens, le progrès social, la science, l’éducation. On y voyait les promesses d’une société « idéale » pour le futur. Oui, ambiguïté il y a … Mais ces ambiguïtés sont fascinantes pour un esprit créatif, elles ont porté Serge Micheli dans la réalisation de ces images étonnantes.

Alors, doit-on, peut-on porter un regard un peu bienveillant sur cet art inquiétant, ambiguë ; doit-on condamner ces rêves anciens d’un futur rayonnant ?… Et bien, à vous de voir et ce sera notre conclusion.

Jean-André Bertozzi

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