L’Ulysse à l’ensemble de l’oeuvrePrix Ulysse

Prix Ulysse à l’ensemble de l’œuvre

Jean-Marie Blas de Roblès et Jean-Noël Pancrazi

 

Jean-Marie Blas de Roblès et Jean-Noël Pancrazi sont nos deux prix Ulysse pour l’ensemble de l’œuvre, deux romanciers dont le centre de gravité est la Méditerranée occidentale, sans exclusive, tant l’œuvre s’ouvre au monde. Tous deux nés en Algérie, Jean-Noël Pancrazi à l’est, à Sétif, en 1949, Jean-Marie Blas de Roblès en 1954, à l’ouest, à Sidi-Bel-Abbès, leurs patronymes nous ramènent en Corse, dans la Gravona, et dans la Castille espagnole. Tous deux connaissent ensuite la côte méditerranéenne, le premier Perpignan, le second la Camargue, avant d’arriver dans la capitale. Au fil des rencontres et des voyages qui ramènent sans cesse nos deux écrivains aux bords de leur Méditerranée, l’histoire familiale n’est jamais très loin, constituant l’un des terreaux dont se nourrit l’œuvre. De même que Pancrazi avait rendu un vibrant hommage à son père, parti finir ses jours en Corse, dans Long séjour (1998), Blas de Roblès pose un regard tendre, profond et admiratif sur le sien dans son roman Dans l’épaisseur de la chair (2017).

Chez nos deux Ulysse, l’objet du voyage n’est jamais la simple conquête de nouveaux horizons, mais la rencontre des hommes, de leur diversité, de leur identité dans ce qu’elle a à la fois de plus universel et singulier. Le drame humain est au cœur de l’œuvre de Pancrazi, qu’il s’agisse de Haïti et de République Dominicaine où il séjourne avant de publier Les Dollars des sables (2006) et Montecristi (2009), du souvenir de la mort de six petits camarades assassinés dans la montagne pendant la guerre d’Algérie (La Montagne, 2012), de l’évocation de Mady, une sans papiers d’origine malienne, à Paris (Indétectable, 2014). Moins intimiste que son aîné, Blas de Roblès, au fil de séjours qui l’ont conduit du Brésil en Chine, du Tibet au Pérou, du Yémen en Indonésie, navigateur passionné d’archéologie, grand connaisseur de la Lybie, et d’Histoire, trame ses romans de folles aventures, où l’humour, la dérision le disputent à une critique sans concession des idéologies et du pouvoir dans ses dérives, ainsi qu’à une mise en abyme des littératures et des références qui nourrissent son imaginaire, dont L’île du Pont Nemo (2014) est la parfaite illustration.

Tous deux ont obtenu le prix Médicis, Pancrazi en 1990, pour Les Quartiers d’hiver, qui porte l’empreinte des années sida, Blas de Roblès en 2008 pour Là où les tigres sont chez eux, un énorme roman, qui embrasse le monde et ses hommes, ses histoires, son histoire et pose la question des origines. Pancrazi est essentiellement publié par Gallimard, Blas de Roblès par Zulma.

 

F.-M. Durazzo

Avec le soutien des Chemins de Fer de la Corse

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